• Bolivie : les "excuses européennes insuffisantes" (Evo Morales)

    Le président bolivien Evo Morales a estimé jeudi "insuffisantes" les excuses présentées par les pays européens qui lui ont refusé leur espace aérien mardi et l'ont forcé à une escale à Vienne alors qu'il avait revenait de Moscou.

    Le président Morales a finalement atterri mercredi soir à La Paz après 13 heures d'escale forcée - et 17 heures de vol - après avoir été d'abord soupçonné de transporter l'informaticien américain en fuite Edward Snowden.

    "Les excuses de la part de pays qui ne nous ont pas permis de survoler leur territoire ne suffisent pas", a déclaré M. Morales qui participait à une cérémonie dans le village de Shinaota dans son fief de cette région centrale du pays.

    La France a fait part "de ses regrets" suite "au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l'autorisation de survol du territoire par l'avion du président".

    Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a notamment téléphoné à son homologue, David Choquehuanca, pour l'assurer que Paris n'avait jamais eu l'intention de refuser le survol du territoire français à l'avion du président bolivien.

    "Ce qui s'est passé ces derniers jours n'est pas un hasard, ce n'est pas une erreur, certains des pays qui se sont excusés évoquent un erreur mais ce n'est pas une erreur", a insisté le président bolivien.

    S'affirmant contrarié par ces récents événements, le président s'est interrogé sur leurs causes.

    "Quel était l'objectif principal ? Me faire peur ? Me faire taire ? M'intimider ? Quel était le but poursuivi ?", s'est demandé M. Morales, qui a réitéré qu'il ne lui était absolument pas venu à l'esprit de faire sortir M. Snowden de Russie.

    "Impossible, impossible", a-t-il répété, précisant qu'une équipe de juristes analysait les répercussions légales "d'une telle violation des traités internationaux".

    Le gouvernement bolivien a également convoqué les ambassadeurs de France, Italie et Espagne ainsi que le consul du Portugal pour qu'ils s'expliquent, tandis que les partis proches du pouvoir ont fait parvenir au Congrès une demande d'expulsion de ces diplomates.

    Des incidents ont eu lieu également près de l'ambassade de France en Bolivie, avec jets de pierres et incendie de drapeaux français.

    Par ailleurs plusieurs présidents de pays membres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays), doivent se retrouver jeudi après-midi à Cochabamba pour manifester leur "solidarité" et de leur "indignation" face à des actes qui ont "mis en danger la sécurité" de M. Morales et de son entourage, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Pérou, qui exerce la présidence tournante.

    Les présidents d'Argentine, Cristina Kirchner, d'Equateur, Rafael Correa, du Venezuela, Nicolas Maduro, d'Urugauy, José Mujica, et du Suriname, Desi Bouterse, doivent notamment participer à cette réunion.


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